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Rester confiné, un choix difficile à faire.

Nous avons chez nous une marchande itinérante de pain qui vient nous vendre chaque matin. C'est une Camp-Perrinoise, une personne âgée, une corpulence qui fait penser à une force terrible quand elle était jeune. Puis au début de la crise en Haïti au mois de mars, elle est venue comme tous les matins nous vendre du pain, mais nous n'avons pas acheté ce jour-là, car on n'avait peur que le virus soit resté sur le pain et que cela puisse nous contaminer. Cette histoire pourrait nous  pousser à interroger le confinement. Bien que beaucoup de personnes ont déjà parlé sur le sujet, cela ne nous empêche pas de nous demander quel est le sort des personnes défavorisées qui vivent au jour le jour de la rue?

Le confinement est quelque chose de fragile. Entre mourir du Coronavirus ou mourir de la faim, il y a un choix très délicat à faire. Mais la masse défavorisée n'en a fait aucun. Elle n'en a fait aucun parce qu'elle n'a jamais pensé à mourir. Au contraire si elle est dans la rue c'est parce qu'elle est en quête de vie. Mais pour faire référence à l'un de nos plus beaux proverbes haïtiens, "chèche lavi detwi lavi".

Retournons maintenant à notre histoire de départ. Au lendemain, la marchande est venue comme d'habitude... mais comme la crise n'était qu'à son début, la panique, la pression étaient plus fortes que maintenant. C'était normal! L'homme réagit souvent avec panique devant les choses qu'il ne comprend pas encore. Comme la plupart des gens, nous avons mis de l'eau et du savon devant chez nous. Est-ce que la vieille dame a fait pareillement? À notre grand étonnement, elle n'avait pris aucune mesure de précaution. Nous aurions aimé la demander de rester chez elle, mais en regardant son panier de pain...

Est-ce qu'on pourrait la demander de rester chez elle? Quel amour il y a t-il en demandant à une personne de rester chez elle afin qu'elle soit épargnée du virus sachant qu'elle va crever de faim? Cette marchande itinérante m'a fait penser aux "madan sara", aux chauffeurs de taxi (motocyclettes et camionnettes), aux cultivateurs et tous ces gens qui doivent sortir pour vivre. Même le mot vivre ne decrit pas de manière juste leur situation, puisqu'ils ne vivent pas avec le peu qu'il gagne... ils survivent.





Rester chez soi ou partir dans la rue en quête de vie, dans les deux cas, ces gens-là riquent leur vie.



Auteur: Hérard Jocelyn Godson. 

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