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Quand l'acculturation porte des coups au compas

Crée en 1955, par Nemours Jean-Baptiste, saxophoniste et guitariste haïtien, le compas, un genre musical d'origine haïtienne, a vite connu une montée fulgurante. De 1955 à 1980, il a été non seulement le genre musical le plus écouté d'Haïti, mais aussi sujet de notre fierté sur le plan national aussi bien qu'international. De Tambou Cambo, Septentrional, La Rose, Koupe Kloure, Tropic Kana, le compas est devenu notre patrimoine culturel et musical. Mais aujourd'hui, on constate qu'avec la nouvelle génération, il s'éteint. Et si l'acculturation nous joue bien des tours en ce qui a trait à nos valeurs, même notre musique n'en est pas épargné. Et le compas semble bien être mort avec les jeunes d'aujourd'hui.


Nemour Jean-Baptiste, initiateur du " Kompa dirèk " en Ayiti.



Étant les principaux victimes et responsables de l'acculturation qui frappe notre société les jeunes de la génération actuelle ne s'intéressent pas au compas. Ils préfèrent se tourner vers d'autres genres musicaux qui traduisent la réalité culturelle et sociale d'autres pays. Ce qui revient à dire qu'ils adoptent des tendances qui ne les concernent en rien et qu'ils ne peuvent pas assimiler. Se tourner vers le rap, le trap ou s'habiller indécemment ou encore se faire appeler _dexter_, sont autant de facteurs qui montrent clairement le niveau d'acculturation. 


On a même vu des chanteurs de compas affichant leurs frustrations sur les réseaux sociaux en avouant que leurs disques se vendent de moins en moins. D'autres ont préféré abandonner ou tout simplement changer de rythme, tous ça parce que la génération actuelle ne s'intéresse guère à leur patrimoine culturel et musical et préfère se tourner vers le rap, l'afro, le rabòday

Face aux contraintes dont le compas fait l'objet sa disparition au cours des 25 ans qui suivent est imminente et inévitable. Et si dans les plus brefs délai, le ministère de la culture quoique fort absent ne fasse rien, nous perdrons non seulement notre patrimoine musical, mais avec notre fierté et aussi notre originalité musicale.


L'acculturation une fois qu'elle s'est installée dans notre société l'a complètement bouleversée. En effet les jeunes ont complètement délaissé le compas pour se tourner vers d'autres genres musicaux. On pourrait qualifier ce qu'ils font comme une quête d'enculturation, mais le fait qu'ils n'assimilent pas les autres cultures et le fait qu'aussi qu'ils ont tendance à l'exagération montre que tout simplement que c'est de la déviance. Alors que faire pour que le compas reprennent sa vitalité ?


Auteure: Marco Saintima.

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